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dimanche 28 novembre 2010

LE VIEUX FUSIL

Le film de Robert Enrico connut un gros succès en 1975. Retour sur un tournage dans le Tarn-et-Garonne, à Bruniquel et Montauban, et dans le Lot-et-Garonne, à Bonaguil.
En 1944, un homme seul, chirurgien des plus paisibles, tue de sang-froid des soldats allemands quand il découvre qu'ils ont assassiné sa femme, sa fille et une partie d'un village. Librement inspiré du massacre d'Oradour-sur-Glane, « Le vieux fusil » enthousiasma les foules et décrocha trois Césars l'année suivante, dont celui du meilleur film. Dans la région, ce drame sanglant eut un retentissement particulier, l'essentiel du tournage ayant eu lieu à Montauban, Bonaguil et Bruniquel. Frère du maire de cette petite commune de Tarn-et-Garonne, célèbre pour son château, Denis Montet avait 32 ans à l'époque. Il fit partie des centaines de figurants recrutés pour participer à l'aventure aux côtés de Romy Schneider et Philippe Noiret. « J'avais une scène, se souvient l'agriculteur aujourd'hui retraité : je devais amener ma vache Violette et un chariot sur un chemin. Je déchargeais un barricou juste au moment où passait Romy Schneider. Je m'arrêtais pour la saluer. » Ce moment unique, finalement non retenu dans le montage final, a laissé une empreinte durable dans la mémoire de Denis Montet. « Romy Schneider ne m'a rien dit : elle ne communiquait pas beaucoup, elle ne s'adressait pas à tout le monde. Philippe Noiret était plus accessible : il était venu me parler, avait caressé ma vache. Je l'avais retrouvé dans une autre scène, comme spectateur, sur le chemin qui longe l'Aveyron, tout près de ma ferme. Il avait jeté un bout de cigare. Je l'ai longtemps gardé et puis je l'ai jeté. » « Le vieux fusil » fut aussi le galop d'essai de Claire Denis, réalisatrice (« Beau travail », « White material »…) qui n'était alors qu'une troisième assistante. « Robert Enrico était un homme d'action, raconte-t-elle. Il avait une façon un peu virile de diriger un film. Il aimait être le patron sur le plateau. Avec lui, il fallait conduire une voiture ou un tracteur, se jeter dans une rivière. C'était un défi pour la petite bonne femme que j'étais. » La région, Claire Denis l'avait traversée enfant avec ses parents, qui vivaient en Afrique, mais passaient tous les étés à sillonner la métropole. « Je me souviens très bien d'être venue à Narbonne, Toulouse et Albi. Mais c'était à l'arrière d'une bagnole, avec les biberons, les enfants qui vomissent ! Avec Robert Enrico, on a passé du temps pour les repérages. Comme moi, il adorait explorer une région. Il est vraiment tombé amoureux de ce coin magnifique. Au lieu de trouver des endroits faciles d'accès, il a choisi Bruniquel. Il fallait laisser les camions en bas, monter le matériel à bras d'homme… » Au château, Claire Denis a découvert les impératifs d'un tournage spectaculaire, les effets spéciaux réalisés en direct sur place. « J'apprenais des choses : je mettais du faux feu à un château, je voyais fonctionner des engins militaires. Je découvrais l'ingéniosité des techniciens dans un cadre précieux et fragile. Et puis, j'ai insisté pour le choix de la petite fille du couple vedette (Caroline Bonhomme, NDLR). Je la trouvais très réfléchie, très mûre. Elle avait le sérieux de son père de cinéma. On voulait tout de suite la prendre dans ses bras, on avait envie de l'aimer instantanément. »
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