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dimanche 17 avril 2011

Vautours : on rouvre des garde-manger


nature


Les oiseaux de la falaise aux vautours pourraient bénéficier d'une aire de nourrissage./ photo DDM José Navarro
Les oiseaux de la falaise aux vautours pourraient bénéficier d'une aire de nourrissage./ photo DDM José Navarro
L'Europe autorise à nouveau l'installation de placettes de nourrissage pour les vautours. Le Parc national des Pyrénées va étudier la création d'un charnier dans la réserve d'Ossau.
Faut-il à nouveau ouvrir des garde-manger aux vautours ? Sur ce sujet sensible les éleveurs du Béarn et de la Bigorre adoptent des positions différentes.
Rappelons qu'après la fermeture des charniers en Espagne, en 2005, on avait observé, en France, une très forte hausse des plaintes des éleveurs suite aux interventions des vautours sur le bétail.
En 2007, l'Espagne a rouvert, des « muladares » en Navarre et en Aragon. Le nombre de plaintes liées à des dommages causés par les vautours a diminué.
Aujourd'hui, l'Europe autorise « le ravitaillement de placettes d'équarrissage à partir de cadavres d'animaux d'élevage ». De même, les éleveurs ne sont plus obligés d'acheminer systématiquement les cadavres domestiques vers des placettes d'équarrissage. Bref, c'est le retour du nourrissage et de l'équarrissage naturel.
« Sur la réserve d'Ossau, depuis 2006, on assiste à une baisse importante du nombre d'individus. On est passé de 126 couples nicheurs à 85, en 2008. Le taux de reproduction a aussi très fortement baissé », indique éric Sourp, chef du service scientifique du Parc National des Pyrénées. Ces diminutions sont dues à la baisse importante de nourriture. L'installation de placettes d'équarrissage permettrait de ne pas enlever toute la ressource alimentaire aux vautours.

UN CHARNIER À L'ÉTUDE DANS LA RÉSERVE D'OSSAU

« Le comité de pilotage de la réserve d'Ossau a demandé au PNP d'étudier la faisabilité de l'installation d'un charnier en vallée d'Ossau. Il s'agit d'expérimenter un seul charnier ». éric Sourp indique que ce type d'installation ne peut en aucun cas se faire sans concertation et contre les éleveurs.
Augustin Medevielle, maire d'Asté-Béon et président de la commission agropastorale, y est favorable. « Nous avons 250 vautours dans la réserve, 2 000 brebis 600 vaches, une centaine de chevaux, dans ou à proximité de la réserve. Nous n'avons pratiquement pas de problèmes avec les vautours ». Augustin Médevielle juge les oiseaux nécrophages plus qu'utiles.
« Derrière les vautours, il n'y a jamais eu de maladie propagée. Ils font un équarrissage naturel gratuit ». Augustin Médevielle estime « aberrant de faire venir une voiture d'Agen pour enlever les bêtes mortes en montagne pour ensuite les brûler dans la plaine. Non seulement, cela a un coût pour l'agriculteur et en plus c'est catastrophique en terme de bilan carbone ».

"Oui à l'équarrissage naturel"

Joseph Paroix, président de l'Observatoire des dommages au bétail - créé en 2002 par l'Institution patrimoniale du Haut-Béarn - rappelle la position de l'organisme. « Non au nourrissage mais oui à l'équarrissage naturel ». Il s'agit notamment de réduire les coûts de transport par camion des carcasses et leur destruction. « Le vautour a toujours été l'allié du pastoralisme. C'est le premier acteur de l'état sanitaire de nos montagnes… Ce projet de placette expérimentale peut être positif. Il faut le bâtir ensemble et que l'on en tire le bilan ensemble ».
« Ce projet de placette ne peut en aucun cas se faire sans concertation et contre les éleveurs. » Éric Sourp, chef du service scientifique du Parc national des Pyrénées.

Le chiffre : 500

couples nicheurs > Au nord des Pyrénées. Du Pays Basque à la vallée de Luz. Il y en a environ 10 000 sur la Navarre, l'Aragon et la Catalogne.

Retour à la logique

Claude Guiraud, vétérinaire, Pdt de l'Observatoire européen de la faune sauvage. L'ornithologue très averti et scientifique pointu qu'est le Dr Guiraud livre un avis en demi teinte : « Incontestablement, il y a eu une surpopulation de vautours, due aux charniers espagnols : avec une abondance de nourriture, les vautours se sont très bien reproduits. Avec l'arrêt brutal des charniers, la population s'est effondrée, par famine. On revient à des populations plus dans la norme, bien qu'encore insuffisantes. Remettre des placettes en place peut maintenir les effectifs, mais d'autre part risque de « fixer » les vautours, qui ne vont pas aller chercher ailleurs leur nourriture. On aura donc une modification comportementale, essentiellement due à l'homme encore une fois.
Ce n'est donc pas forcément une vraie bonne idée, mais un pis-aller. En revanche, on ne peut que se féliciter de la décision de l'Europe, d'autoriser les éleveurs à laisser sur place les animaux morts en montagne. Les vautours grâce à cela, auront leur comportement naturel de charognards, particulièrement efficaces. On revient enfin à la logique et à l'essentiel naturel, dont on aurait été bien inspiré de ne jamais sortir. »

"Ils sont utiles mais il y en a trop"

Dans les Hautes-Pyrénées, les éleveurs ont du mal à avaler que l'on puisse nourrir des charognards - jugés déjà trop nombreux - qui viennent prélever des bêtes en estives.
« Quand les Espagnols ont ouvert des charniers, il y a eu une forte croissance de la population des vautours. Puis, ils ont fermé ces placettes. Morts de faim, ils se sont mis à attaquer nos bêtes. Je ne crois pas que ce soit une bonne solution de les réalimenter. La population de vautours va encore augmenter alors qu'elle est déjà trop importante », estime Joseph Arrassus, président du groupement pastoral de Bagnères-Baudéan. Il rappelle qu'il y a quelques années, l'expérimentation d'une placette aux Plaines d'Esquiou, n'avait pas donné satisfaction aux éleveurs. « Je ne suis pas contre les vautours. Ils sont utiles en montagne mais il faut que la population de vautours reste dans une proportion raisonnable ».
Par ailleurs, comme de nombreux éleveurs, Joseph Arrassus est en attente d'une indemnisation des éleveurs pour les dégâts liés aux vautours. Cette question de l'indemnisation devrait être étudiée dans le cadre du plan national d'action vautour qui sera élaboré d'ici la fin de l'année.
« Nous n'élevons pas nos bêtes pour qu'elles soient mangées par l'ours ou le vautour et obtenir des indemnisations », rappelle Raymond Bayle, président de la commission syndicale de Barèges.
Raymond Bayle se dit en revanche « plutôt favorable à la réouverture de charniers » et à un équarrissage naturel. « Quand une brebis meurt en montagne, souvent quand on la retrouve, il n'y a plus rien, les vautours sont passés avant nous. L'équarrissage se fait naturellement. En revanche l'hiver, quand une bête décède à la bergerie, on est obligé d'appeler l'équarrissage ».
Comme Joseph Arrassus, Raymond Bayle estime qu'il y a « beaucoup trop de vautours, sur les estives et aux alentours des villages. Il faut absolument réguler leur nombre ». Il ajoute que selon les retours qu'il a auprès des éleveurs, les dégâts causés par les vautours ne diminuent pas. D'une manière générale, il estime que « ces mesures n'arrivent pas pour rendre service à l'agriculteur mais plutôt pour solutionner des problèmes avec d'autres rapaces ».
Th. J.



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