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mercredi 20 juillet 2011

Cahors. Fusillés : un tabou, un livre et un film


Libération


La Résistance lotoise a payé un lourd tribut. Ici au cimetière de Bagnac, les résistants obligent des collaborateurs à s'agenouiller devant les tués de Lavayssière./Photo Musée de la Résistance.
La Résistance lotoise a payé un lourd tribut. Ici au cimetière de Bagnac, les résistants obligent des collaborateurs à s'agenouiller devant les tués de Lavayssière./Photo Musée de la Résistance.
Elle-même fille de résistant, Cécile Vaissié s'est appuyée sur des documents, des témoignages et des travaux antérieurs dont ceux de l'historien lotois Pierre Laborie.La revue d'Histoire « Arkheia » propose dans son dernier numéro un passionnant dossier intitulé « Les fusillés de la Libération : un tabou cadurcien », réalisé par l'universitaire cadurcienne Cécile Vaissié. Le 17 août 1944, les Allemands quittent Cahors. Aussitôt, les FFI y entrent, prennent les commandes de la ville et proclament l'état de siège. La liesse populaire du 18 août s'accompagne d'arrestations de collaborateurs avérés ou proclamés. Le 20 août 1944, quinze Cadurciens sont passés par les armes au cimetière de Cahors.
« Y a-t-il eu justice, règlement de compte, mise en place de la terreur ou bien catharsis collective et détournement de la colère populaire ? », s'interroge l'auteure qui soulève de nombreuses questions encore dérangeantes : certains fusillés étaient bien identifiés comme collaborateurs, mais c'est moins évident pour d'autres, qui n'apparaissaient pas sur les listes établies par la résistance. Quelles étaient les véritables motivations des juges autoproclamés de ces procès expéditifs ?
Pourquoi et comment de nombreux collaborateurs actifs n'ont pas été inquiétés ? Quelles ont été leurs protections ?
« La collaboration, c'est toute une gamme de gris, allant de la collaboration passive à celle active. Les fusillés de la Libération auraient tout au moins mérité un véritable procès, basé sur des documents et des accusations précises », souligne Cécile Vaissié.
En 2008, le fils de Florent Schroetter, l'un des quinze fusillés de la Libération, a obtenu la réhabilitation de son père (déclaré mort pour la France) ; réhabilitation mal vécue au Musée de la Résistance.
Actuellement sur des projets de livres et de film (lire ci-dessous) Cécile Vaissié appelle tous ceux possédant encore des documents de cette époque à les déposer aux archives départementales, et ceux qui souhaitent apporter leurs témoignages à la contacter.
1) Arkheia, 124 pages, 14 €. En vente en kiosque et sur commande (www.arkheia-revue.org) -
Tel : 05 63 32 01 98.
Le dernier numéro de la revue « Arkheia » se penche sur les 15 fusillés de la Libération à Cahors. Un procès expéditif, encore aujourd'hui tabou car renvoyant à la question des collaborateurs non punis.

Devoir de mémoire et droit à l'oubli

Le Musée de la Résistance dans le Lot se trouve au cœur d'une difficile responsabilité entre devoir de mémoire et droit à l'oubli.
« Dans le maquis, les consignes étaient claires : ceux qui ont collaboré paieront ! », raconte Marcel Michot, résistant à 16 ans, âgé de 19 ans au moment de la Libération, qui n'a eu connaissance des exécutions que quelques jours plus tard : « Nous sommes arrivés à Cahors le lendemain de la Libération, et nous sommes repartis immédiatement vers Toulouse. Quand nous sommes revenus à Cahors, nous avons appris que des gens avaient été fusillés. En voyant les noms on a été étonnés car ils n'étaient pas les plus grands collaborateurs ; comme leurs juges n'étaient pas les plus grands résistants. Mais il faut se replacer dans le contexte : on venait de passer des années de souffrance, avec 945 Lotois tués. Nous avions d'autres priorités que ces fusillés. J'ai vraiment un doute sur un, je ne pense pas qu'il a collaboré. Je pense qu'il y a sûrement eu des règlements de compte. Après, le temps a passé. beaucoup de gens ayant collaboré n'ont pas été inquiétés. On ne sait pas pourquoi mais on se disait que si on en croisait certains seuls dans un bois, on ne les aurait plus jamais revus ! ». Les années passant, Marcel Michot donne priorité au souvenir de la résistance lotoise et de ceux qui sont allés jusqu'au sacrifice de leur vie pour défendre la liberté.

« NOUS NE MONTRERONS PAS CERTAINS DOCUMENTS »

André Nouvian, président du Musée de la Résistance, assume cette difficile ligne de conduite engagée par son prédécesseur et fondateur du musée, le charismatique Pierre Combes. Une ligne de conduite qui de facto revient à préserver la quiétude et la réputation des anciens collaborateurs cadurciens dont certains sont encore en vie :
« Nous possédons des documents mais il est hors de question de montrer certains d'entre eux, à personne. Ce n'est pas pour protéger les collaborateurs mais c'est vis-à-vis de leurs familles, de leurs enfants dont certains ne savent même pas ce qui s'est passé. Ils ne sont pas responsables des actes commis par leurs aînés. On ne va pas tout bousculer 65 ans après ». Pour lui, tous ceux qui ont été condamnés à mort à la Libération étaient bien des collaborateurs…
Reste que bon nombre de collabos (cadurciens, en poste à Cahors ou originaires de Cahors) tels que Louis Darquier (commissaire général aux questions juives du gouvernement de Vichy, actif dans la rafle du Vel d'Hiver, fils de l'ancien maire de Cahors Pierre Darquier), Raoul Berenguié (milicien délégué à la propagande) ou Antoine Loïc Petit (préfet) n'ont jamais rendu de comptes devant la justice française.

 B.-H. S.-P.



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