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dimanche 31 juillet 2011

Le repas de sang de madame Moustique


[NOS ENNEMIS LES BETES] Il pullule, il vibrionne, il agace, elle pique. Inoffensive souvent, mais quelquefois…

 Des espèces, il y en a des milliers sur terre. Et toutes ne piquent pas, heureusement.  photo xavier leoty  || DR
Des espèces, il y en a des milliers sur terre. Et toutes ne piquent pas, heureusement. photo xavier leoty

 On le dit buveur de sang humain, mais on exagère un peu, non ?
 
Anna-Bella Failloux. C'est vrai, on exagère. D'abord parce que sur 3 500 espèces de moustiques répertoriées, seules 200 piquent. Ensuite parce que le mâle ne pique pas. Seule la femelle est hématophage : elle a besoin de ce repas de sang comme supplément protéiné pour assurer la maturation de ses œufs. Mais toutes les femelles ne piquent pas : certaines espèces n'ont pas besoin de sang pour assurer la première ponte, c'est ce qu'on appelle des espèces « autogènes ». Et jamais une dame moustique non programmée pour le faire ne vous piquera, elle préférerait se laisser mourir de faim !
Anna-Bella Failloux - Entomologiste à l'Institut Pasteur

D'origine polynésienne, Anna-Bella Failloux travaille à l'Institut Pasteur sur les moustiques en tant que vecteurs de transmission de certains virus. Elle s'occupe d'un groupe entomologique qui s'intéresse aux « arbovirus » transmis de vertébré à vertébré par un arthropode hématophage lors d'une piqûre. Parmi ces arbovirus figurent ceux de maladies comme la dengue, le chikungunya ou encore le virus de la vallée du Rift.
Bon, d'accord, mais le moustique est agaçant les soirs d'été et on a toujours l'impression qu'il va finir par vous piquer…
Oui, mais parfois vous ne le sentez pas car c'est le moustique auquel vous êtes habitué, et vous finissez par être immunisé contre sa salive. On est toujours plus incommodé par le moustique du voisin. Et puis il y a des « années à moustiques », quand il fait plus chaud et humide. La pullulation de l'insecte et les fièvres des marais sont ainsi liées aux eaux stagnantes et insalubres.
Est-il vrai que certains parmi nous ont des « peaux à moustiques » ?
En effet, certaines personnes attirent l'insecte. C'est un mélange complexe lié à nos émanations de CO2, de phéromones (agents chimiques odorants), de sueur. Mais lorsqu'on est atteint, la grande majorité d'entre nous supportent très bien la piqûre. Naturellement, il existe des cas où elle est contre-indiquée, et certaines personnes peuvent faire un choc.
Et puis il y a des moustiques tout sauf anodins. Par exemple le fameux moustique tigre, auquel vous vous intéressez…
Celui-là est une espèce invasive et en effet préoccupante, arrivée à Gênes en Italie dans des pneus à rechaper importés des États-Unis.
Des pneus à rechaper ?
Oui, car ils ont été laissés longtemps dehors à la chaleur humide et les femelles ont pondu dans les eaux stagnant au fond des pneus. Ces petits œufs de la taille d'un demi-grain de riz sont, dans le cas du moustique tigre, protégés par une coque imperméable à base de chitine qui les protège de la sécheresse : ils peuvent vivre sans eau, à la chaleur, des mois voire des années. Vers 1990, l'espèce a ainsi envahi le sud-est de la France et se propage vers l'ouest à raison d'une centaine de kilomètres par an. Or elle est vecteur d'une vingtaine de virus dont celui du chikungunya, de la dengue, de la fièvre jaune, du virus West Nile. Et, pour la première fois en France, nous avons deux cas autochtones de chikungunya dans le Var.
Comment un moustique peut-il transmettre un virus ?
Eh bien, la femelle prend un repas de sang sur une personne infectée. Or chez certaines espèces, comme le moustique tigre, le virus ainsi ingéré ne sera pas digéré avec le sang, il va passer la paroi stomacale et se diffuser dans les organes internes de l'insecte, notamment les glandes salivaires. Ainsi, à la prochaine piqûre, le virus pourra infecter une autre personne.
Ne risque-t-on pas de voir se développer des épidémies de ces nouvelles maladies ?
Ne paniquons pas ! Toutes les femelles moustiques ne sont pas capables de transmettre les virus. Celle qui vous embête a peu de chance d'être celle qui vous transmettra un agent pathogène. Bien sûr, rien ne ressemble plus à un moustique qu'un autre moustique, sauf pour un entomologiste, mais il est important de connaître un peu l'ennemi. Sachez par exemple que le moustique tigre pique le jour alors que celui qui transmet le paludisme ne pique que la nuit : cela signifie qu'une moustiquaire saura vous protéger du paludisme.
Faut-il se servir d'insecticides ?
Je suis critique sur l'usage d'insecticides à domicile, car la résistance accrue des insectes préoccupe les scientifiques. Les maladies à vecteur comme le chikungunya n'ont pas de vaccin. On ne peut donc les contrôler qu'à l'aide d'insecticides. C'est pourquoi je préconise davantage la lutte mécanique.
C'est-à-dire ?
Par exemple fixer des moustiquaires aux fenêtres. Et surtout contrôler aux alentours des maisons ces contenants à eau qui sont autant de gîtes larvaires. Car avant le stade aérien, il y a un stade aquatique. Ce contrôle est efficace, car le moustique est un piètre voilier.
Mais au fond, à quoi sert-il ?
Ses larves servent d'aliment à la plupart des poissons et l'adulte est au menu des oiseaux. On peut certes rêver d'un monde sans moustiques, mais la nature ayant horreur du vide, sa place serait sans doute occupée par d'autres diptères.
En cas de piqûre


1 - Malgré l'envie qui vous démange, ne grattez pas la piqûre de moustique.
Cela ne ferait qu'augmenter la réaction cutanée, étendre l'enflure et vous faire risquer l'infection.
2 - Appliquez un remède de votre choix ou à votre portée, et ils sont nombreux.
Feuilles d'oseille, de cassis, de mauve, de chou, fleur de géranium, jus de citron, ail écrasé, vinaigre, sachet de thé humide
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