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dimanche 31 juillet 2011

Le trésor qui les rend fou


Rennes-le-château. 

Mystère


Une entrée allongée dans la paroi calcaire d'une colline située  à quelques kilomètres de Rennes-le-Château. D'après les chercheurs, elle pourrait contenir les restes d'un trésor wisigoth./ Photo DDM, Didier Donnat
Une entrée allongée dans la paroi calcaire d'une colline située à quelques kilomètres de Rennes-le-Château. D'après les chercheurs, elle pourrait contenir les restes d'un trésor wisigoth./ Photo DDM, Didier Donnat

BLASON BLEU ET OR
«S'il vous plaît, restez discrets, on craint d'être envahi, déjà qu'il y a pas mal d'allumés dans le coin »… Sur la commune de Sougraigne, Armel Rousset le jeune éleveur dont le terrain a été désigné dimanche dernier sur internet comme recélant le fameux trésor de Rennes-le-Château (lire ci-contre), se dit pourtant « serein et dubitatif » et ne compte pas sur une éventuelle trouvaille pour acheter un nouveau tracteur : « on ne veut pas changer de vie, on aime ce qu'on fait ! »
La propriété familiale des parents et des trois frères Rousset (l'un est maire de Sougraigne) est située à environ 10 km à vol d'oiseau du piton rocheux de Rennes, et les vaches gasconnes accrochées aux prés en pente ne sont pas encore dérangées par les chercheurs de trésors. Mais jusqu'à quand ? Dans cette région de la haute vallée de l'Aude, les légendes et les croyances attirent depuis des décennies touristes et curieux. On cite aujourd'hui Sougraigne, mais c'est vers Rennes-le-Château que les voitures et les motos continuent d'affluer. Elles sont arrêtées par Adrien, l'agent d'accueil au gilet réfléchissant portant un blason bleu et or. La rue étroite de maisons modestes mène au « domaine abbé Saunière », du nom de ce curé dispendieux (1852-1917) qui y fit construire une petite tour carrée, une villa coquette richement décorée et un belvédère d'où l'on admire à 180° un somptueux paysage. D'où sortait-il tout cet argent ? Au sud, la brume enserre l'énorme roche de Bugarach, un autre site qui aimante les visiteurs depuis qu'une récente prédiction y promet la vie sauve à ses occupants… au soir de la fin du monde, annoncée pour le 21 décembre 2012.

23 HABITANTS AU VILLAGE

En attendant, à Rennes-le-Château, on fait la queue pour entrer dans la petite église sombre, gardée par une sculpture de diable, tête sous le bénitier. La représentation du chemin de croix du Christ est sujette à nombreuses interprétations. Depuis 50 ans, les chercheurs de trésor de toute l'Europe s'y succèdent. Les érudits qui travaillent sur plans et en interprétant livres et tableaux ont pris la suite des perceurs des années soixante-dix et autres promeneurs qui venaient « poêler » avec un détecteur de métaux… « Dans mon jardin, ils avaient ouvert des trous comme ma main », raconte Gérard Moreau, adjoint au maire. Aujourd'hui encore, le bureau des affaires culturelles de la région reçoit, et refuse, des demandes de fouilles sous l'église, s'opposant à toute « recherche au trésor avec ambitions médiatiques ». Au « Jardin de Marie », où l'abbé Saunière et sa gouvernante Marie vous accueillent en photo aux toilettes, la nouvelle annonce du trésor fait sourire et réjouit : « Pourvu qu'on ne le trouve pas, plus personne ne viendrait, alors qu'on reçoit près de 150 000 visiteurs par an », résume le maire Alexandre Painco. Ce qui ne va pas sans poser quelques soucis : « Il nous faut construire une station d'épuration de grande capacité alors que nous n'avons que 23 habitants dans le village ». L'abbé Saunière n'y avait pas pensé.

Le chiffre : 50

cm > d'ouverture. Défendue par une toile d'araignée, l'entrée de la cavité de Sougraigne a une forme allongée, pointe en haut. D'après le propriétaire du terrain, elle peut servir d'abri pour les renards.

Le maire de Rennes : « Montrez-nous ce que vous avez trouvé ! »

Alexandre Painco, 48 ans, employé communal à Nebias, est maire de Rennes-le-Château (65 habitants, dont 23 au village) depuis 2008. La découverte de Sougraigne ne l'émeut pas outre mesure : « Cette histoire se cumule aux autres, bien sûr qu'il y a un trésor à Rennes-le-Château, maintenant quant à savoir s'il est monétaire ou spirituel ?….se demande-t-il dans un sourire.
Alexandre Painco a appris par La Dépêche la localisation d'un passage à Sougraigne. Lui-même, à la mairie, suit de près une demande de fouilles formulées par des Anglais : « Ils ont déposé un dossier en bonne et due forme auprès de la Drac pour sonder le sol de Rennes-le-Château, des chercheurs de l'université de Souhtampton sont venus détecter une cavité avec un gros radar. Des trous, il y en a, comme dans toute région calcaire, on est sur du gruyère… »
Aux termes de l'accord entre la commune et l'équipe, si un trésor est mis au jour, il reviendra à la collectivité, les Anglais se contentant de garder l'exclusivité du tournage de la fouille. Mais si le trésor est à Sougraigne…
D'après le jeune élu, qui voit passer plus de 100 000 visiteurs par an, des chercheurs ont déjà trouvé « des choses » dans le sol de Rennes : « Ce que je voudrais, c'est organiser une rencontre où chacun montrerait ce qu'il a trouvé », espère-t-il, en rappelant d'un geste désignant un vieux panneau : « Les fouilles sont interdites sur le territoire de la commune de Rennes-le-Château ».

Des pièces d'or dans le grand sud

Le trésor d'Eauze, dans le Gers.
Le fabuleux trésor gallo-romain d'Eauze doit sa découverte, en 1985, à de simples fouilles réalisées à l'occasion d'un permis de construire. Quelque 28 000 pièces de monnaie ont été découvertes, ainsi que des bracelets, des bagues, des colliers et un médaillon de l'empereur Marc-Aurèle. Le propriétaire du terrain fut dédommagé par l'État en 1986 et reçu à l'époque quatre millions de francs.
Le trésor de Napoléon III, dans les Hautes-Pyrénées.
Dans la riche demeure où avait séjourné l'Empereur à Luz-Saint-Sauveur, un trésor : une boîte en fer dissimulée sous le parquet de la bibliothèque renfermait 883 pièces d'or. Quatre ouvriers, chargés du chantier de rénovation de la maison, ont découvert le trésor en octobre 2007.
Le mystérieux trésor du pont Louis-Philippe, à Cahors.
L'ouvrage, inauguré en 1838, renfermerait dans ses pierres un trésor. Des pièces d'or et d'argent à l'effigie du roi seraient placées au sommet de l'une des arches du pont Louis-Philippe. Un hommage que la ville aurait rendu à Louis-Philippe pour avoir débloqué 900 000 francs afin de payer l'édification de l'ouvrage.
Un trésor de 100 000 €, à Millau.
Un jeune couple de Millau a découvert cette année un trésor d'une valeur de 100 000 €. Dans leur cave, un petit pot en terre cuite recouvert d'une tuile contenait 34 pièces d'or datant de 1595 à la Révolution. Le trésor appartient en intégralité au jeune couple, propriétaires de la maison. Ils avaient failli céder leur trouvaille à un homme pour 1 800 €…

C'est la zizanie chez les chercheurs d'or

Révélé dimanche sur un forum internet (1), l'existence d'un boyau calcaire pouvant receler un trésor près de Rennes-le-Château n'aurait pas été éventée sans un conflit survenu entre spécialistes. Depuis 2000, Michel Vallet et Didier Héricart de Thury ont mené des recherches conjointes. Rejoints par Franck Daffos, autre spécialiste ayant publié des ouvrages sur le sujet, ils étudient à trois à partir de 2007. Ils prospectent sur des terrains calcaires escarpés de la commune de Sougraigne, jusqu'à trouver l'ouverture d'une grotte. Il s'agit de fouilles clandestines, et si le propriétaire du terrain les voit faire « en tenue de treillis », il ne les dénonce pas pour autant. Ce qu'ils ont trouvé ? « Une ouverture à ciel ouvert, étroite… À environ 3 mètres, le conduit se rétrécit, empêchant davantage la progression », détaille Michel Vallet dans sa communication internet. Il s'agirait d'un passage d'un labyrinthe, « où serait caché ce qui y a été déposé (un dépôt très important du VIe siècle) », explique-t-il.
Le voici donc, le trésor des Wisigoths, maîtres de l'Aquitaine à l'époque, qui aurait été retrouvé dix siècles plus tard, et plus près de nous aurait financé les dépenses de l'abbé Saunière, curé à Rennes à la fin du XIXe. Cette « révélation » est faite par celui des trois chercheurs qui voulait justement en freiner la divulgation. Mais Héricart et Daffos font des révélations dans un livre qu'ils sortent sous leurs deux signatures.
Pour Franck Daffos, qui vit aux portes de Toulouse, cette fois-ci, c'est la bonne : « La cavité ouvre sur un boyau de 3 mètres, qui débouche à la verticale sur une grande salle, le trésor est là… » M.Daffos souhaitait trouver une petite caméra pour ausculter l'intérieur de la grotte.
Se sentant écarté par la sortie du livre de ses deux anciens collègues de recherches, Michel Vallet a pris la mouche, et tout expliqué sur un forum internet, détaillant le chemin pour rejoindre la grotte de Sougraigne. « La seule chose qui me faisait peur, a-t-il déclaré cette semaine, c'est que quelqu'un se blesse, j'ai bien précisé qu'il ne fallait pas s'y aventurer seul… Ce trésor ne nous appartient pas, si quelqu'un voulait profiter de la situation, ce n'est pas moi ».
Michel Vallet ne veut plus trouver le trésor. Peut-être ne croit-il plus en son existence ?
P.M.



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