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dimanche 31 juillet 2011

Un strip-tease sophistiqué


Leçon d'effeuillage burlesque :

Sugar Da Moore s'effeuille tous les mardis à 21h au théâtre du Tambour Royal (Coquinerie School/Cortex Diffusion)
« Tournée », le film de Mathieu Amalric sélectionné à Cannes, a dévoilé au grand public l'art de l'effeuillage burlesque. Charmées par cette pratique peu connue, des Parisiennes s'y initient. Reportage dans un cours à la « Coquinerie school ».
« La séduction n'est pas réservée aux moins de 25 ans et aux corps sveltes », clame Sugar Da Moore, professeur d'effeuillage burlesque, en enfilant ses bas style « vieille France ». Sans complexe, elle se dénude devant moi. Une question d'habitude, peut-être : tous les week-ends, Sugar donne des cours un peu particuliers d'effeuillage burlesque à des groupes de quatre à quinze femmes. Mais au fait, qu'est-ce que c'est ?

1La théorie

« Une forme de strip-tease sophistiqué qui emprunte les accessoires et les postures des pin-ups des années 50. La théâtralisation, l'incarnation d'un personnage compte plus que le fait d'ôter ses vêtements », précise la prof en début de séance.
On s'attend à voir des corps nus, dans des tenues très osées. Mais non, l'effeuillage burlesque se pratique comme un hobby du dimanche et ressemble à un cours d'initiation à la danse. Où les filles n'ont pas peur d'en faire des tonnes. Sugar Da Moore précise :
« Le burlesque n'est pas un strip-tease caricatural, vulgaire. Au contraire, ça ne se prend pas au sérieux. »
Avant de se lancer dans une démonstration de démarche, celle de la femme en rouge chez Tex Avery. Suivie par ses élèves aux talons qui claquent.

Les apprenties effeuilleuses burlesque n'assument pas d'être photographiées (Léa Lejeune/Rue89)La pratique2

Dans le fond de la salle, Françoise, 56 ans, peine un peu. Elle n'a pas l'habitude de porter ces chaussures. Sugar Da Moore leur apprend à ôter des gants d'une manière plus que sensuelle en détaillant tous les mouvements. C'est le « glove peel ».
Les six femmes se frottent le pubis avec des boas colorés, le sourire aux lèvres. Puis reproduisent une chorégraphie appelée « numéro », tout en mouvements de bras amples. Les gestes sont parfois maladroits.

Une source de motivation : le mari

« Moi, j'ai une poitrine fixe, je peux bouger tout le corps mais pas ça ! », entend-on à la volée.
Eh non, toutes les filles n'ont pas la danse sensuelle dans le sang. Mais Claire, qui a déjà assisté à un cours, se veut rassurante :
« Ne vous inquiétez pas ! Quand vous faites ça devant votre homme, ça fait quand même un effet bœuf, il ne voit pas les erreurs, lui. »
Heureusement pour Sylvie, 54 ans, qui suit un peu ce cours pour son mari :
« Je lui montrerai s'il est sage ! Mais quand je lui ai annoncé que j'allais faire du burlesque, il a quand même été surpris : “A ton âge, c'est n'importe quoi” ! »

3L'addition

Preuve que ce loisir se démocratise, les élèves sont âgées de 27 à 56 ans. Cette fois, Claire, vendeuse de sextoys, a formé un groupe parmi les plus motivées de ses clientes. Un médecin, une directrice clientèle, une assistante de direction, une responsable de communication… Des cadres décomplexées qui ont les moyens de s'offrir ces séances de deux heures à 45 euros.
Les apprenties effeuilleuses sont de tout âge mais toutes cadres« L'argent n'est pas un frein, ce qui compte c'est de se lancer », résume Sandra, passionnée par l'imagerie du burlesque. Se lancer ? Oser se mettre toutes nues en public, vous voulez dire ?

Cache-tétons en option

Pas forcément, explique Sugar Da Moore :
« Ici, les filles ne sont jamais nues, les cache-tétons ne sont pas obligés. On passe à cette étape au bout de cinq à six séances. »
Ces femmes sont en corset d'extérieur, en jogging moulant, voire en pyjama rouge. « On ne fait pas du rentre-dedans comme aux Etats-Unis. Je défends un effeuillage en mode Disney Land ».
Mais il faut l'avouer : avec son rouge à lèvres flash, sa lingerie noire et ses mouvements du bassin, Sugar Da Moore est loin de faire penser à une réplique de Minnie.
Photos : effeuillage burlesque lors d'un spectacle (Coquinerie School/Cortex Diffusion) ; lors d'un cours à la « Coquinerie School ».

Par Léa Lejeune | Journaliste

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