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mardi 27 septembre 2011

L'année des vignerons


Une chose est sûre, le 2011 n'est pas annoncé comme un millésime du siècle. Né dans l'adversité, il pourrait offrir de beaux flacons. À prix abordables ?.
Vins du Sud-Ouest

La nature, dans sa prodigieuse prodigalité, semblait dessiner une nouvelle trilogie vineuse. Après 1988, 1989 et 1990, elle pouvait donner une suite éclatante aux années 2009 et 2010, confirmées exceptionnelles. Dès le mois de mai, les commentaires laissaient présager un 2011 historique, si peu que le temps se maintienne jusqu'aux vendanges… Mais c'est une tendance bordelaise d'accrocher son optimisme aux ors de l'histoire. La météo ne fait jamais les mêmes cadeaux. Dans le cas présent, il s'agit d'une année totalement atypique, exaltante par la précocité des floraisons, traumatisante par son humidité et ses basses températures estivales, tendue dans sa période de vendanges vraisemblablement achevée en rouge le week-end prochain, à l'issue d'une semaine magnifique.

Un vin stratégique
Une chose est sûre, les œnologues n'ont pas été laissés au repos dans cette campagne marquée par les lourdes menaces du botrytis, le champignon qui n'est pas un ami. « Il y a eu une inquiétude. On nous a beaucoup demandé de venir goûter dans les vignes, explique l'œnologue Antoine Medeville (œnoconseil à Pauillac). Ce 2011 ne se compare à rien de connu. Quand on a eu un enfant hyperdoué et qu'arrive derrière un petit frère qui l'est beaucoup moins, c'est plus difficile pour lui. On revient au savoir-faire de l'homme. Ce sera plus stratégique. »
Il est vrai que la qualité générale des années à grand millésime nivelle les écarts d'une propriété à l'autre. Il fallait avoir un talent particulier en 2009 et 2010 pour rater sa production. Certains y sont parvenus. En 2011, le mauvais vigneron conservera son rang. Et le bon se distinguera très clairement. Aucune homogénéité ne prévaudra dans les appellations. C'est un vin de la main de l'homme.
« On revient finalement à un millésime assez classique bordelais, comme un 2008, un peu austère, avec plus de volume qu'en 2010, souligne François Despagne (Château Grand Corbin-Despagne, à Saint-Émilion). Je crois à un très joli vin accouché dans l'adversité. Il fallait faire corps avec sa vigne, ne rater aucune étape, et surtout ne pas faire comme d'habitude. Je n'ai par exemple pas suivi la règle qui impose de vendanger 110 jours après la floraison. Le raisin n'était pas mûr. »
La raison
« D'un point de vue marketing, ce 2011 sera peut-être plus compliqué à vendre après deux exceptions, poursuit François Despagne. Est-ce que l'acheteur va se dire que Bordeaux revient à une posture raisonnable qui lui permettrait de se faire plaisir avec un bon millésime ? » C'est la question récurrente à Bordeaux, où quantité de vins d'excellent rapport qualité-prix pâtissent des prix faramineux annoncés par les grands crus, et donc de cette idée fausse que « les bordeaux sont trop chers ».
Raison est le mot qui revient souvent dans les chais et les officines. Les rendements à écouler et une bonne qualité peuvent régulariser les cours et séduire le consommateur. Il y a une demande de vin dans le monde que la Chine amplifie.
Ce que confirme un négociant. « Nous avons besoin de vin, mais pas aux prix astronomiques des deux dernières années. Il y a un intérêt pour Bordeaux sur des marchés plus traditionnels que la Chine. Ceux-ci ne demandent qu'à acheter, sans être assommés. » De ce point de vue, le 2011 est déjà un vin d'espérance.
Par CHRISTIAN SEGUIN

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