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lundi 24 octobre 2011

Enquête sur des coups de foudre

Enquête sur des coups de foudre

Toulouse

La foudre peut tuer, blesser.  Elle est aussi la cause d'incendies./ Photo DDM,
La foudre tue et blesse chaque année en France. Le Pr Virenque lance un appel à témoignages et ouvre une consultation pour les survivants au CHU de Toulouse.
La foudre peut tuer, blesser. Elle est aussi la cause d'incendies./ Photo DDM,
Le vrai coup de foudre ? En médecine, on étudie ses effets en keraunopathologie. Le professeur Virenque, l'ancien patron du Samu toulousain, s'en est fait une spécialité. « Il y a une trentaine d'années, nous avions reçu un berger de l'Aveyron qui avait été foudroyé. Lorsqu'il est arrivé en réanimation, le jeune homme était tétraplégique, paralysé. Mais après 48 heures, il s'est remis à marcher. Ce cas nous avait intrigués. Le Dr Jacky Laguerre, qui exerce aujourd'hui au service des grands brûlés du CHU de Rangueil, a fait une thèse sur le sujet. »
En 1995, le Pr Christian Virenque se rapproche d'autres praticiens qui travaillent sur l'effet du foudroiement, en particulier, le Dr Elisabeth Gourbière, médecin du travail à EDF. Trois consultations spécialisées sont ouvertes aux CHU de Grenoble, Toulouse, et à l'hôpital Saint-Antoine de Paris. Suite à un appel lancé dans la presse, 150 personnes, victimes de la foudre, viennent témoigner, et consulter. L'enquête fait l'objet d'une deuxième thèse.
Aujourd'hui à la retraite, le Pr Virenque souhaite reprendre cette étude avec de nouveaux témoignages. Les morts par foudroiement sont assez rares : entre vingt et cinquante personnes chaque année. Ce sont principalement des agriculteurs, des randonneurs.

10 % DES CAS SONT MORTELS

Le 21 juin dernier, huit personnes qui grimpaient le Canigou, dans les Pyrénées-Orientales, ont été foudroyées. L'un des randonneurs, un Britannique de 52 ans résidant à Prades, a été tué ; les autres marcheurs n'ont été que blessés. Sur le plateau de Beille, en Ariège, en juin 2009, une randonneuse hollandaise de 60 ans a également été victime de l'orage.
Tous les coups de foudre ne sont pas mortels : seulement 10 % des cas le sont. Mais l'éclair peut gravement blesser : le corps foudroyé est traversé par un courant très puissant. Les victimes peuvent être brûlées, parfois paralysées, avoir les tympans perforés, souffrir de troubles visuels dus à l'arc électrique ou de traumatismes après des chutes.
« À l'issue de notre première enquête, nous avons constaté que les survivants de la foudre se plaignent plusieurs années après de troubles psychologiques, un peu comme les victimes d'AZF qui ont subi l'effet de blast », précise encore le Pr Virenque.
D'où l'idée d'ouvrir une nouvelle consultation avec l'assistance d'un psychiatre pour soigner les foudroyés survivants qui souffrent de stress post-traumatique.

Appel à témoignages

Le Pr Virenque lance un appel à témoignages. Cet appel concerne les personnes victimes de la foudre ou les médecins généralistes qui ont eu à traiter ces cas. Les survivants peuvent se rendre à une consultation ouverte au CHU de Toulouse : trois médecins, le Pr Virenque, l'anesthésiste-réanimateur le Dr Laguerre, et un psychiatre, le Dr Christophe Arbus, les recevront pour recueillir leur témoignage, analyser et éventuellement traiter leurs séquelles, qu'elles soient physiques ou psychologiques.
Contact: virenque@cict.fr

Le chiffre : 20

personnes > Tuées par la foudre. Chaque année, en France, la foudre provoque aussi 17 000 incendies de maisons ou de forêts, endommage 50 000 compteurs électriques et tue 20 000 têtes de bétail.
« Ils se sont vus mourir. Les survivants de la foudre ne seront plus tout à fait les mêmes. »
Pr Christian Virenque, ancien patron du Samu de Toulouse.

"J'ai senti un souffle dans mon dos"

« Ce devait être en août 2003, se souvient Thérésa, une Agenaise de 35 ans. J'avais décidé d'emmener Alix, ma fille, en voyage au Sénégal pour ses 9 ans. Nous sommes partis en voiture à cinq, deux amis, mon mari et la gamine pour un embarquement à Roissy-Charles-de-Gaulle, à Paris ».
Mais passé Bordeaux, la route devient un enfer. « Il tombait des cordes, on voyait à 10 mètres à peine se rappelle Thérésa. Sur la galerie de la voiture, nous avions chargé quelques colis pour les enfants de Casamance et une courte halte s'est imposée pour vérifier les paquetages. »
Ensuite, tout est allé très vite. « Victor, mon mari est sorti sous des trombes d'eau. Côté passager, je voyais les éclairs se déchaîner dans les airs. Je les voyais surtout se rediriger et converger à une allure folle vers notre voiture. C'était hallucinant. J'ai eu à peine le temps d'ouvrir la portière pour crier à Victor de rentrer. Une boule de feu est passée sous la voiture et j'ai ressenti comme un souffle remonter le long de la colonne vertébrale. Je n'étais pas brûlée, mais mon pull était dans un sale état, comme rétréci au lavage. »
La sensation de chaleur a persisté plusieurs heures, mais sans séquelles apparentes. Un mois plus tard, Thérésa traverse la Gambie pour remonter vers Dakar et tombe brusquement malade. « J'ai dû perdre dix kilos en cinq jours. Je voyais mal, entendais à peine quand on me parlait. Redoutant un sale virus, j'ai passé une batterie d'examens de retour en France. RAS, selon les médecins. Moi, toutes les nuits, je continuais à perdre des litres d'eau. Et puis, un jour au réveil, en tournant la tête sur mon oreiller, je me suis retrouvée complètement coincée, incapable de remuer doigts et orteils. Avec l'ostéopathe qui m'a sorti de là, en deux séances à peine, on a beaucoup parlé. Pour lui pas de doute, il y a bien eu traumatisme au contact de la foudre. Avec le recul, je crois que j'ai eu beaucoup de chance. »

"Ma fille a ressenti des picotements"

« C'était le 12 juillet dernier. Le soir. Nous étions chez nous, à Fonsorbes, près de Toulouse. Nous discutions dans le salon, devant le poste de télévision qui était éteint. Soudain, nous avons entendu un grand bruit, comme un coup de tonnerre. Nous sommes sortis car nous pensions que ce bruit venait de chez nos voisins. Les voisins, eux, ont cru qu'une bombe avait explosé chez nous… Dehors, nous n'avons rien vu. Mais quelques minutes plus tard, les policiers arrivaient, ainsi que les sapeurs-pompiers : le toit de notre maison était en feu. »
Le premier étage a été ravagé par les flammes. Et le rez-de-chaussée inondé. La maison de la famille est presque entièrement détruite, et ne sera pas restaurée avant l'année prochaine. Cécile, infirmière au CHU de Toulouse, a pu fort heureusement être relogée : « Nous avons eu de la chance. Car nous avons pu louer une maison à côté de la nôtre. »
La saison des orages est passée. Mais le moindre éclair dans le ciel ravive une crainte. « Maintenant, on a peur de la foudre. Le soir du 12 juillet, on a vu un arc électrique. Virginie, ma fille, a ressenti des picotements dans la main, comme si elle était engourdie. Tout de suite, j'ai regardé son bras : il n'y avait pas de traces de brûlures. Après, on lui a fait un électrocardiogramme : tout était normal. » Pour ne pas revivre une telle situation, la famille s'est promis de faire poser un paratonnerre et un parafoudre sur la maison.

RECUEILLI PAR S.B.
http://fr.kgbpeople.com/?ref=6afdc17
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