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mercredi 2 novembre 2011

Armagnac-Cognac : le derby des eaux-de-vie


Le cognac s'est invité à Armagnac en fête, le week-end dernier. Portrait croisé des deux cousins

On ne pouvait éviter de parler du cognac à Labastide-d'Armagnac : Véronique Marendat, maire de Segonzac, empire du cognac, a été intronisée dans la confrérie de l'armagnac. Photo Nicolas le Lièvre

C'est un derby permanent. On ne parle plus ici ni de jaune et noir ni de rouge et blanc, mais bien de deux eaux-de-vie dont les couleurs courent sur la palette délicieusement ambrée des alcools distillés. Or brun charentais contre ambre rougeoyante gasconne, le match cognac VS armagnac, s'est joué une nouvelle fois, le week-end dernier, lors d'Armagnac en fête, à Labastide.
L'armagnac était bien parti. Prophète en son pays, il se savait vainqueur à domicile. C'était sans compter sur la présence de Véronique Marendat, à cette grand-messe de l'armagnac. Mme le maire de Segonzac, ville de grande Champagne, empire du cognac, a même été intronisée dans la confrérie de l'Armagnac (!). La seule présence de l'élue a suffi à rappeler que Segonzac avait ouvert le score, l'an dernier, en étant la première ville de France à recevoir l'estampille du label italien Cittaslow, primant l'art de vivre et les bons produits. Le cognac avait donc séduit les Italiens bien avant l'armagnac… Mais Labastide-d'Armagnac s'est cramponnée et est entrée dans la mêlée, parvenant à pénétrer le réseau international Cittaslow, cet été. Égalité.
Côté gascon, on décrypte les données du match : « Les deux sont cousins germains, parce qu'ils sont issus de la distillation du vin blanc, et ce sont pratiquement les mêmes cépages, explique Philippe de Bouglon, président d'Armagnac en fête. Mais le cognac est tiré d'une double distillation, alors que l'armagnac n'en a qu'une seule. Le cognac est fait avec des assemblages, et au final, on a un produit qui est toujours le même : c'est ce qui fait sa grosse qualité. Nous, nous faisons des millésimes. On ne sait jamais quel produit on aura. »
« Petit Poucet qualiteux »
Il y a bien un point sur lequel l'armagnac ne peut pas lutter. « On est trop petits, reprend Philippe de Bouglon. On n'aura jamais le volume du cognac. Mais est-ce qu'on n'a pas une carte à jouer en étant le Petit Poucet très qualiteux ? »
Dans la région, seuls 11 000 hectares de vignes sont dédiés à l'armagnac et « 25 000 hectolitres d'alcool pur sont distillés, soit 30 ou 40 fois inférieur en volume à Cognac… Il ne faut pas s'attaquer à ce marché de volume énorme », tranche-t-il (lire par ailleurs). C'est bien là le principal atout du cognac, selon Véronique Marendat. « On exporte à 95 % vers les États-Unis, la Chine, les pays nordiques, rappelle-t-elle. L'armagnac est beaucoup plus dégusté en France, le cognac peut-être moins. » Loin d'être experte en cognac, Véronique Marendat met surtout en avant les incroyables retombées du cognac sur son territoire, en termes d'économie mais aussi d'image. « Le marché du cognac tire une grande partie de l'économie locale, insiste-t-elle, de par la tonnellerie, ou encore le packaging. »
Et ne voilà-t-il pas qu'elle provoque l'admiration générale, en évoquant l'existence sur sa petite commune d'une véritable université des eaux-de-vie et d'un centre international du même nom.
Si les volumes de production donnent un large avantage au camp charentais, sur le terrain des saveurs, le match s'annonce plus corsé. Le président d'Armagnac en fête est bien sûr acquis à la cause de l'exquise eau-de-vie issue des chais gascons. « C'est un produit qui sent plus le terroir, indique-t-il, le regard pétillant. Après, tout est une question de goût. »
Quant à Véronique Marendat, elle a botté en touche. L'élue a fait plaisir à ses hôtes en concédant avoir goûté de « très bons armagnacs », tout en « gardant une préférence pour le cognac. » Vient un moment où il faut bien siffler tout à la fois la fin du match et les deux eaux-de-vie, pour les départager. On a heureusement croisé un arbitre au palais neutre, qui s'en est chargé. L'homme a vécu à Cognac et s'est aujourd'hui installé dans les Landes. « À Cognac, on est habitués à des goûts constants apportés par le système d'assemblage, qui est le mélange de plusieurs eaux-de-vie. La simple distillation de l'armagnac révèle un goût plus authentique, celui du vrai terroir. La double distillation du cognac offre une plus grande finesse des saveurs et des arômes. »
Balle au centre. C'est sur le terrain du rapport qualité/prix que l'arbitre se place : « Le bon cognac est sans doute plus cher que le bon armagnac, hors produits d'exception. Au final, à moindre coût, l'armagnac est probablement meilleur que le cognac. » De quoi faire frétiller, côté gascon, à la fin du match.
Le cognac, ce poids lourd
Selon le Bureau national interprofessionnel du cognac (Bnic), le cognac a battu en 2010 son record, en atteignant 1,86 milliard d'euros, soit + 30 % sur l'exercice précédent. Pour la balance commerciale française, ces expéditions équivalent à la vente de 35 Airbus A320…
En 2011, l'envolée s'est poursuivie jusqu'en juillet avec 161,45 millions de bouteilles expédiées sur un an : le record historique était tout proche. Depuis, les expéditions traduisent un léger essoufflement, pour atteindre un total respectable de 160,2 millions de bouteilles à fin septembre, +7,1 % sur un an.

Par Aurélie champagne avec vincent dewitte
http://fr.kgbpeople.com/?ref=6afdc17
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